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Des nuages au ventre vide

Les nuages sont bien passés comme annoncé hier (mardi 17 juillet 2018) mais ils n’ont rien laissé tomber au-dessus de Bombaye (Dalhem).  C’est tombé plus à l’est du côté de Spa, je pense.

Des nuages mais pas de pluie… A l’avant-plan, les cornichons sortent de terre.

Il n’a quasi rien plu depuis le 1er juin 2018 (voir tableau 1).  52,4 litre/m2 cumulés pour être exact, au lieu d’environ 135 selon la moyenne (voir le graphique) relevée à Uccle de 1981 à 2010 (source IRM).  Ceci n’empêche en rien les abeilles de s’en donner à coeur-joie dans les fleurs de potimarron.

Deux abeilles au travail dans les fleurs de potimarron.

Tableau 1 : précipitations depuis le 1/6/2018 à Bombaye (Dalhem).

DATE litre/m2
11/07/2018 0,4
24/06/2018 0,6
15/06/2018 0,2
14/06/2018 1,4
12/06/2018 2,8
11/06/2018 1,4
08/06/2018 1,2
01/06/2018 44,4
TOTAL 52,4
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Il fait chaud et sec

Cela ne surprendra sans doute personne si je dis qu’il fait chaud et sec.

Si je fais abstraction de la grêle de début de saison qui a marqué de nombreux fruits, le verger se porte plutôt bien cette année.

Il en va de même avec les potimarrons

 

Bon de près, ils ont l’air un
peu moins fier.

Les premiers poireaux plantés début juin ne vont pas trop mal.

Mais ceux plantés vendredi dernier (à gauche de la photo) ont cruellement besoin d’eau.

J’espère de tout coeur que les averses de pluie (non de grêle) passeront au-dessus de Bombaye.

 

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Belgique-Turquie : 0-1

Les producteurs de cerises belges sont victimes des importations turques alors même que ce pays autorise l’utilisation d’un pesticide interdit dans de nombreux pays européens en raison de sa toxicité. Ceci ne semble pourtant pas déranger certains acteurs de la grande distribution belge. Il est vrai qu’on n’y est plus à un scandale près.

En cette haute saison footballistique, il ne s’agit pourtant pas de ballon rond mais bien de cerises.  La saison 2018 est excellente d’un point de vue météorologique pour la production des cerises douces en Belgique.  Mais les producteurs conventionnels ne se frottent pas pour autant les mains : les prix sont presque moitié moins élevés que l’année dernière.

Et pourtant, cela semble encore trop pour les clients de la grande distribution puisqu’on me rapportait, fin juin, que Delhaize vendait des cerises turques et que les volumes négociés dans les criéées belges étaient ridiculement bas.  Sont-elles meilleures ?  Je ne le pense pas même si je ne les ai pas goûtées vu que je mange bio.  Serait-ce parce qu’elles sont moins chères ?  Et tant pis alors pour les producteurs locaux qui ont investi 75.000 € par hectare dans des vergers sous filet afin de protéger les fruits des intempéries et des insectes.

C’est là que je commence à me poser des questions à la fois sur la règlementation européenne, belge et wallonne ainsi que sur la politique migratoire européenne, si tant est qu’il y en ait une.

Deux poids, deux mesures : le diméthoate.

Commençons par la règlementation.  La Belgique interdit depuis deux ans une molécule de synthèse, le diméthoate.  Cet insecticide permet de lutter, entre autre, contre une drosophyle importée du Japon, drosophila suzukii, qui cause des dégâts de plus en plus importants aux cultures de fruits rouges en Europe.

La France interdit également le diméthoate mais il me semble que les autorités françaises ont eu, au moins dans un premier temps, la présence d’esprit d’interdire les importations de cerises ayant été traitées au diméthoate (lire cet article en Anglais).  Cette année, le diméthoate a sans doute perdu de sa toxicité puisque les importations turques ont repris.  La Belgique (ou bien est-ce la Wallonnie, je ne sais pas mais le ministre non plus ;-)) n’a semble-t-il pas mis en place de mesure similaire par rapport aux importations de cerises traitées au diméthoate.  En résumé : les producteurs de cerise belges ne peuvent plus utiliser de diméthoate pour des raisons de santé mais les magasins belges peuvent encore en vendre en raison du caractère timoré de nos autorités face au sacro-saint marché unique.

En gros, c’est comme si on interdisait la consommation d’alcool aux citoyens belges sur le territoire belge, tout en autorisant les touristes présents en Belgique à continuer d’en consommer.

Main d’oeuvre bon marché.

En ce qui concerne la politique migratoire européenne, l’agriculteur que je suis ne peut pas s’empêcher de penser au fait que l’UE paye la turquie pour garder les demandeurs d’asile syriens sur son territoire.  Demandeurs d’asile qui, à mon avis, ne manquent pas de constituer une main d’oeuvre agricole bon marché.  Tellement bon marché que l’on imaginerait même pas, en Belgique, qu’il soit possible de faire travailler quelqu’un pour un tel salaire et certainement sans sécurité sociale.

De là à dire que les agriculteurs belges payent deux fois la note, le pas est facile à franchir.  Une première fois via le budget européen et l’aide à la turquie, une deuxième fois par le biais de la baisse des prix des produits agricoles venant des pays, européens ou non, qui accueillent la majorité des demandeurs d’asile.

On ne peut pas créer un espace économique au sein duquel les marchandises circulent librement alors même que les règles environnementales, sanitaires et sociales y sont différentes.  Bien que cela me semble simple à comprendre, je constate depuis de nombreuses années que ceux qui nous dirigent l’ignorent totalement.

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A la pépinière Ganter

En rentrant de mon repos annuel au bord du lac de Côme, je me suis arrêté chez un pépiniériste allemand près de Freiburg (Baden-Württemberg) afin de vérifier la disponibilité d’arbres de la variété ‘La Flamboyante’.  C’est à mes yeux une excellente variété, originaire de chez un arboriculteur du Valais Suisse, qui ne se trouve pas chez les pépiniéristes belges et qui me conduit donc à me fournir en Allemagne.

Une autre raison qui m’a poussé à contacter un pépiniériste allemand est qu’ils ont l’habitude de travailler avec des portes-greffe forts, principalement dans le cadre de la mise en place de vergers à jus.  J’envisage en effet de planter dans les trois ans qui viennent plusieurs variétés sur porte-greffe fort afin de former des arbres dit ‘demi-tige’ : Daliclass, Elise, Flamboyante, Reinette Hernaut, Topaz et Sirius.

En allant voir les jeunes arbres en parcelle, Joachim Ziser, le pépiniériste, me pose la question suivante : ‘Est-il aussi difficile de trouver de la main d’oeuvre en Belgique ?’.  Je suis tout d’abord supris.  Certes Angela Merkel a accueilli de nombreux demandeurs d’asile en sachant que l’économie allemande, au vu de la démographie du pays, a besoin de main d’oeuvre étrangère.  Mais je ne pensais pas entendre le même constat en Allemagne que ce que j’avais déjà entendu aux Pays-Bas, en France et en Belgique.  Et Joachim (57 ans) de reprendre : ‘Quand j’ai commencé, les jeunes Allemands des environs venaient gagner de quoi s’acheter un vélo ou une mobilette en travaillant à la pépinière.  Je les voyais grandir, année après année.  Aujourd’hui, c’est comme s’ils recevaient tout de leurs parents…  De plus la législation nous interdit maintenant de les faire travailler avant seize ans.  C’est malheureux de compter les arbres le soir, d’estimer le travail du lendemain et de savoir que, si on ne trouve personne, ils vont être perdus…’. 

Joachim ne me dit pas si, tout comme Bernd Steinebach, un autre pépiniériste allemand de la région de Bonn chez qui j’achète d’autres variétés depuis plusieurs années, il a recours a de la main d’oeuvre polonaise.  Si tel était le cas, peut-être aurait-il constaté, comme d’autres collègues belges, que ces dernières années, les travailleurs polonais sont un peu moins nombreux qu’avant.  Peut-être aurait-il également pensé que c’est dû à l’amélioration de la sécurité sociale en Pologne ces dernières années.  Par contre, il me parle de l’Ukraine.  ‘Je suis allé voir deux, trois entreprises en Ukraine.  Ils m’ont dit avoir d’énormes difficultés à trouver de la main d’oeuvre !  Avec la guerre, sept millions d’Ukrainiens ont trouvé refuge en Pologne.  Si ils ne trouvent pas rapidement de la main d’oeuvre, l’économie ukrainienne va s’effondrer.  Et la Pologne en profite au passage pour refuser d’accueillir des demandeurs d’asile africains puisqu’elle a déjà accueilli les Ukrainiens.’

On peut imaginer que, comme autrefois les flamands puis les Italiens dans les mines et l’industrie wallonne, les travailleurs ukrainiens fournissant la main d’oeuvre pour les travaux considérés comme pénibles, les Polonais suivent le même itinéraire par rapport au travail agricole que les autres pays d’Europe de l’ouest.

Le problème se pose de façon plus aiguë en agriculture biologique.  En effet, les molécules de synthèse utilisées en agriculture conventionnelle permettent d’obtenir des résultats que l’on obtient mécaniquement ou à la main en agriculture biologique : désherbage, éclaircissage, régulation de la croissance, entretien sanitaire de la plante.  C’est donc quasi inévitable : un hectare de culture biologique demande plus de main d’oeuvre que le même hectare conventionnel ou raisonné.  C’est entre autre pour cette raison que les produits biologiques coûtent plus cher que leurs équivalents conventionnels.

Rassurons-nous, tout va bien : on nous annonce la possibilité de recourir en Wallonnie aux travailleurs ukrainiens à partir de 2020.  Enfin, s’il en reste.  Sinon  il faudra aller plus loin ou faire comme l’Italie et la Turquie : accueillir des demandeurs d’asile…

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Enfin

Enfin !

Après dix années d’activité en tant qu’agriculteur bio, je ressens plus que jamais le besoin de partager mon expérience, qu’elle soit positive ou non.  Est-ce la solitude de l’agriculteur indépendant, le besoin de transmission tel celui éprouvé par Arthur dans le Kamelot d’Alexandre Hastier ou un peu des deux ?  Quoiqu’il en soit, Thomas Moore, dans son excellent livre intitulé Utopia préconisait déjà au XVI siècle la participation de tous les citoyens à l’agriculture.  Comme on en est très loin (d’après la Banque Mondiale, il n’y aurait que 1,10% des actifs dans l’agriculture belge en 2014), je vais donc essayer d’apporter ma contribution au rapprochement entre consommateurs et agriculteurs.

Le début du mois de juillet a toujours été pour moi une période propice au travail à l’ordinateur.  J’ai donc pris le temps de configurer un serveur et d’y installer un site ainsi qu’un blog.

Le tout est en dévelopement, soyez donc patient et indulgent, comme je le suis avec les produits que je cultive.

Merci, Marc.